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La valeur de la tortue marine

Aujourd’hui, la tortue marine est une composante importante de plusieurs cultures à travers le monde et occupe une signification symbolique importante pour certaines populations insulaires.

La tortue marine est une espèce emblématique et intéressante à observer, pour le plus grand plaisir des plongeurs et plus largement des touristes qui pratiquent des activités balnéaires. Symbole du tourisme à Mayotte, elle contribue largement à rendre notre territoire attractif pour les visiteurs venus d’ailleurs.

A l’échelle écologique, la tortue marine est également une espèce indicatrice d’un environnement marin de qualité. Véritable sentinelle de l’état des habitats qu’elle occupe, sa présence témoigne de la bonne santé des écosystèmes marins essentiels dont elle dépend : herbiers, récifs, et mangroves. La tortue joue un rôle de jardinière de ces habitats. En broutant les herbiers et en grignotant les récifs, elle assure l’entretien et l’équilibre de ces écosystèmes. Elle régule également les populations de méduses qui ne sont pas très appréciées par les baigneurs.

Du fait de sa valeur environnementale liée à sa vulnérabilité et aux nombreuses menaces qui pèsent sur ses populations et ses habitats, la tortue marine est devenue un emblème de la lutte pour la préservation des espèces en danger d’extinction.

Dans plusieurs civilisations du monde, la tortue marine est entourée de légendes et de croyances en raison de sa taille, de sa longévité, mais également de ses caractéristiques biologiques étonnantes. Elle symbolise la longe vie, la sagesse, la paix et la fécondité dans certaines anciennes cultures.

A Mayotte, il n’existe pas encore d’étude sociologique qui analyse la valeur culturelle de la tortue marine au sein de la population de Mayotte.

La tortue marine représente la richesse du patrimoine naturel exceptionnel de notre île. Sa présence est un véritable atout pour Mayotte, qui mérite d’être mis en valeur. Afin d’assurer un avenir à cette espèce protégée, la valorisation culturelle et écotouristique comme alternative à son exploitation illégale semble être une solution adaptée.

Pour en savoir plus sur les actions de connaissance, de protection et de sensibilisation de notre association Oulanga na Nyamba, rendez-vous sur notre site. Suivez nos actualités sur les réseaux sociaux (Facebook et Instagram).

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Le braconnage à Mayotte

Les tortues marines ont été exploitées par l’homme depuis des siècles, cette exploitation a été augmentée avec l’accroissement démographique. En raison de leur capture volontaire et accidentelle, la destruction de leurs habitats, la population des tortues marines a décliné de façon spectaculaire, amenant jusqu’à leur disparition dans certaines régions du monde.

Dans certaines civilisations, la consommation de la viande de la tortue était réservée à la royauté, mais elle est devenue plus populaire, notamment pour des festivités importantes en Polynésie Française (Brikke, 2010). Le braconnage de la tortue marine est strictement illégal, toutefois, la viande de tortue marine reste très prisée et la capture de tortue offre un moyen attrayant et facile de gagner de l’argent.

A Mayotte, selon les chiffres publiés par le Réseau Echouage Mahorais des Mammifères marin et des Tortues marines (REMMAT) jusqu’à 300 femelles tortues par an sont braconnées pour leur chair, ce qui correspond à environ 10% des femelles qui viennent pondre sur les plages de Mayotte. Et encore, ce chiffre n’est pas exhaustif et ne dévoile que la partie émergée de l’iceberg : les braconniers veillent à effacer les traces de leurs actes illégaux en faisant disparaitre toutes preuves en mer ou sous le sable.

Sur les 140 plages de pontes de Mayotte, une cinquantaine est touchée par le braconnage. Les plages concernées sont surtout les plus isolées et difficiles d’accès. Les hauts-lieux de braconnage se concentrent dans les quatre coins de l’île, avec des plages particulièrement affectées dans le Sud (plages de Charifou et Saziley), dans le Nord (notamment sur l’îlot Mtsamboro), dans le Nord-ouest (plage d’Apondra, Acoua), dans l’Ouest (Mtsanga Nyamba) et sur Petite-Terre (plage de Papani).

Le braconnage est la première cause de mortalité des tortues marines à Mayotte, alors qu’elles demeurent des espèces menacées d’extinction et protégées par des réglementations locales et nationales et par des conventions internationales. La mutilation, la destruction, le transport et la détention de la tortue marine sont strictement interdits. Les peines peuvent aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.

Si vous observez une tortue marine morte, braconnée ou en détresse, alertez le réseau échouage REMMAT au 06 39 69 41 41 (numéro d’astreinte 7j/7, 24h/24).

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La photo identification

La photo-identification est une méthode que les scientifiques ont développé pour reconnaître et suivre individuellement chaque tortue tout au long de sa vie.

Contrairement aux bagues métalliques qui sont utilisées pour marquer les tortues, la photo-identification est une méthode non-invasive. Elle permet d’identifier les animaux à partir de leurs marques naturelles. Les photographies prises sur le terrain sont étudiées minutieusement pour repérer les différences et reconnaître ainsi chaque individu observé.

Chez les tortues marines, les marques qui différencient chaque individu sont la disposition, le nombre et la forme des écailles sur les profils gauche et droite leur tête. Ces mosaïques d’écailles n’évoluent pas en grandissant, et permettent donc de reconnaître chaque individu tout au long de sa vie. Tout comme la face interne de la caudale d’une baleine, les écailles de la tortue marine sont l’équivalent de l’empreinte digitale de l’homme.

La photo-identification est une étape incontournable dans le suivi d’une population de tortues marines. Grâce à elle, il devient possible d’accéder aux paramètres démographiques des populations et leur évolution dans le temps (nombre d’individus, taux de survie, déplacement, comportement…). On peut par exemple mieux comprendre comment une population évolue dans le temps, si les individus sont fidèles à leurs sites de pontes et d’alimentation et quelles sont leurs étapes de migration.

Pour ce faire, les scientifiques tiennent un catalogue des photos prises sur le terrain. Il s’agit d’une sorte de trombinoscope qui recense tous les profils de tortues photographiées.

A Mayotte, plusieurs organismes utilisent la méthode de la photo-identification. Ainsi, les bénévoles de l’association Oulanga na Nyamba suivent la population des tortues vertes et imbriquées de la vasière des Badamiers depuis 2010. Les résultats montrent que la vasière est un milieu très apprécié, en particulier par les jeunes tortues vertes qui y trouvent abris et nourriture. Chaque individu de la vasière est connu et enregistré dans une base. Les tortues ont chacune leur nom qui est affectueusement choisi par les bénévoles. Certaines tortues sont présentes depuis plus de 10 ans et observés régulièrement par les membres de l’association.

Dans la zone de l’océan Indien, un programme est mis en place pour mettre en commun toutes les photos de tortues et former une base de données régionale. Les tortues identifiées à Mayotte rejoignent cette base de données appelée TORSOOI. Grâce à un logiciel, Il est maintenant possible de comparer les différents profils de tortues dans la région et de mieux comprendre la vie mystérieuse des tortues marines.

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Les différents habitats de la tortue marine

Les habitats de la tortue marine correspondent aux lieux où elles vivent, se nourrissent et se reproduisent. La tortue marine est un animal fascinant qui, au cours des différentes étapes de son cycle de vie, parcourt plusieurs types d’habitats. Elle utilise successivement des habitats terrestres et marins. Elle fréquente le littoral pour la ponte, le large de l’océan pour la migration et les zones côtières pour la croissance, le repos et la reproduction. Chaque espèce possède un habitat privilégié à l’âge adulte : la tortue verte et la tortue imbriquée fréquentent les zones côtières alors que la tortue luth est présente au large.

La tortue marine a gardé́ des marques de ses lointains ancêtres terrestres. Alors qu’elle passe la majeure partie de son existence dans les océans, elle doit monter sur terre pour pondre. Les plages de ponte constituent un habitat occasionnel mais primordial pour la tortue, car il s’y déroule une phase indispensable à la survie de son espèce.

A Mayotte, 80 des 140 plages sableuses sont fréquentées par la tortue verte pour la ponte, et certaines par la tortue imbriquée. Elle choisit de préférence des plages calmes et isolées avec une belle végétation naturelle qui présentent des conditions optimales pour accueillir son nid. La lumière, les déchets et les constructions en arrière plage ne sont pas appréciées par les femelles pondeuses, car elles dégradent le lieu de ponte.

En mer, le mode de vie de la tortue marine se caractérise par une grande diversité́ de régimes alimentaires et de comportements, ce qui l’amène à privilégier différents habitats marins en fonction de l’espèce et du stade de vie.

Au large des océans, les courants facilitent les déplacements de nombreuses espèces. Toutes les espèces de tortues passent les premières années de leur vie au large où elles peuvent s’abriter et s’alimenter dans des radeaux d’algues et de bois flottants, tout en se laissant transporter par les grands courants marins. Elles rejoignent les zones côtières uniquement lorsqu’elles ont atteint une taille convenable qui permet d’être protégé contre les prédateurs. Les zones de croissance et d’alimentation sont choisies en fonction de la disponibilité alimentaire et des abris disponibles.

La mangrove, véritable nurserie, est un milieu exceptionnel qui offre à de nombreuses espèces des conditions optimales pour grandir en toute sécurité. Au stade juvénile, certaines tortues marines choisissent la mangrove fuir les prédateurs. La mangrove sert à la fois d’abris et de garde-manger pour ces jeunes tortues.

Adulte, le lieu de vie que la tortue dépend avant tout de ses ressources nutritives. Les sites d’alimentation dépendent de l’espèce. La tortue verte se nourrit presque seulement d’herbiers, qu’elle broute une grande partie de la journée pour combler ses besoins en énergie. A Mayotte, les herbiers sous-marins se trouvent sur les platiers peu profonds des récifs côtiers et barrières. Pour se reposer la nuit ou à marée basse quand les herbiers ne sont pas accessibles, la tortue verte choisit préférentiellement des cavités dans les récifs ou de belles patates de corail pour dormir. La tortue imbrique est également inféodée aux milieux côtiers. Elle est régulièrement observée sur l’ensemble des récifs mahorais : les récifs frangeants, les patates de corail dans le lagon et les récifs barrières. Sur les récifs barrières, on peut également avoir la chance de croiser une tortue caouanne. La tortue Luth fréquente le milieu pélagique au large des océans, où elle trouve les méduses à volonté. A Mayotte elle est observée occasionnellement par les pêcheurs, loin des côtes. Le large est également fréquenté par l’ensemble des tortues marines lors de leurs migrations entre leurs aires d’alimentation et de reproduction dès qu’elles ont atteint la maturité sexuelle

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L’alimentation

Il n’est pas facile de connaitre ce que mange une tortue marine : chaque espèce à ses préférences alimentaires.

Mais à la naissance, toutes les espèces commencent par être omnivores. Elles mangent de tout : un moyen de se nourrir de façon opportuniste, car elles passeront les premières années de leur vie au grès des courants océaniques. Dès l’âge juvénile, les tortues marines rejoignent des zones littorales où elles commencent à varier et affiner leur régime alimentaire. Durant leur développement, les jeunes tortues côtoient les récifs coralliens, les prairies sous-marines et les mangroves où elles changent progressivement leur alimentation.

A l’âge adulte, chaque espèce de tortue marine a son propre régime alimentaire. La tortue verte est devenue herbivore : elle se nourrit essentiellement d’herbier et d’algues. La tortue caouane se nourrit de gastéropodes, d’échinodermes, d’algues, de méduses. Elle reste omnivore, avec une tendance plus carnivore. La tortue Luth se nourrit essentiellement de méduses. Très peu nutritives, elle doit en avaler une énorme quantité, l’équivalent de son poids par jour. Quant à la tortue imbriquée, elle privilégie les récifs coralliens où elle mange un peu de tout avec une préférence pour les coraux et les éponges.

On peut imaginer l’alimentation de la tortue en regardant sa tête, et particulièrement son bec. La tortue verte arrive à brouter les herbes sous-marines grâce à son bec arrondi, alors que la tortue imbriquée a un bec pointu et fin qui lui permet de picorer les coraux et chercher sa nourriture dans les anfractuosités des récifs. La tortue caouanne, aussi appelée « grosse tête », a un bec court et puissant avec des mâchoires musclées pour de casser les coquilles.